Memoires a quatre mains

Récit biographique de la jeunesse de Yvonne et Jeanine, jumelles dynamiques et joyeuses qui, à 80 ans, ont décidé de mettre en page les souvenirs de leur enfance dans différents pays et continents.

13 janvier 2007

DEPART SUR MADAGASCAR – 2 AOÛT 1938

 


DEPART SUR MADAGASCAR – 2 AOÛT 1938

Ca y est... la destination est connue !

Le Commandant Fortier est envoyé en poste à Madagascar.

Branlebas de combat boulevard Jean Bourrat... on prépare cantines, malles et bagages, on fait coudre robes d’été et vêtements légers, on couvre meubles et objets dans la maison pour se préparer à un déplacement d’au moins deux ans.

Les filles sont au comble de l’excitation... de vraies âmes de nomades ces jumelles Fortier !

La famille se rend donc à Marseille, en train depuis Perpignan, pour embarquement sur un grand bateau qui l’amènera à destination après avoir traversé le Canal de Suez. Le plus dur reste la cérémonie des adieux de Mademoiselle Constance a toute sa famille qui ne l’a encore jamais vue s’éloigner de Perpignan pour une longue période. Son seul déplacement important à ce jour avait été le voyage de noces.

Tout ce petit monde s’en vient donc en délégation à la gare et on y va de ses plus beaux mouchoirs pour des adieux bouleversants.

Yvonne et Jeanine, elles, sont déjà dans le train et elles se demandent bien pourquoi ça gémit autant... incroyable ! pensent elles, toutes à la joie de partir en voyage.

Il y avait donc là Bon papa et Bonne maman, puis les frères et soeurs de Mademoiselle Constance dont un prêtre et Tante Jeanne qui était soeur de Saint Vincent de Paul ainsi que Soeur Louise, qui elle était encore novice, avant son entrée au Carmel.

Mais les adieux ont toujours une fin...

Le Commandant Fortier promet de veiller au bien être de sa famille et de Mademoiselle Constance et il la fait monter dans le train alors que les pleurs vont de plus belle.

L’heure de la séparation a sonné et le train quitte la gare pour sa destination: Marseille.

Une fois là-bas et après une nuit de repos dans un hôtel l’embarquement se fait sur un paquebot confortable et élégant.

La traversée dure  vingt et un jours et les conditions de voyage sont des plus agréables pour cette famille d’un haut gradé de l’Armée Française.

Quelques escales sont au programme... Port Saïd,  Djibouti et Monbassa  avant de débarquer à Tamatave.

A Mombassa, la famille en profite pour visiter une plantation de caféïers qui appartient à des amis de Monsieur et Madame Fortier.

Les filles gardent un souvenir impressionné de cette végétation luxuriante et de leur découverte d’une culture qui produit une des boissons les plus consommées dans le monde.

Fin de la traversée: le débarquement se fait à Tamatave et le transfert vers Tananarive, capitale de l’île de Madagascar, s’effectue en train.

Yvonne se souvient:

-          Déjà à notre arrivée à Tamatave nous avons été surprises de l’agitation de la ville. On aurait dit Marseille mais avec beaucoup d’africains.

   Et nous voilà tous montés dans un drôle de train !

   Ce devait être une des premières versions du “train brousse”.

-          Un vrai “tape-cul...”  renchérit Jeanine

Yvonne poursuit:

-          Ce fut une véritable découverte pour nous. Les gens étaient aglutinés dans les moindres recoins, sur le toit, ou accrochés aux portes et aux fenêtres avec paniers, récoltes, poulets et autres volatiles.

On nous avait même collé une cage de poules sous les pieds. C’était vraiment typique et très vivant mais le voyage nous parut interminable, avec un seul arrêt, très court à Ambatoulan où il y eut autant de passagers nouveaux que de passagers qui descendaient !

Il faisait une chaleur écrasante mais nous avions la chance d’être accompagnés d’une ordonnance qui avait la charge de nous fournir en boissons, sandwichs, fruits et tout ce dont nous pouvions avoir besoin pour ce voyage inconfortable.

   

   Ce petit train à vapeur n’allait pas bien vite et nous avons eu tout le loisir

de regarder le paysage composé d’immenses étendues de forêt vierge.       

Nous étions tout à fait surprises de découvrir cette “France Africaine”, car lorsque papa nous avait annoncé que nous partions pour deux ans à Madagascar nous étions persuadées que nous retrouverions notre ambiance de Tombouctou, avec les cases, la brousse, les petits singes et tout ce qui nous avait charmées au Mali.

Loin de cela, nous découvrions une ville de Tananarive bouillonnante de vie occidemtale, des immeubles, des rues, du monde, des marchés colorés et bruyants, tout cela bien loin de notre imaginaire.

Le séjour dans l’île durera six années en tout, du 2 août 1938 au 1er novembre 1944. N’oublions pas que la seconde guerre mondiale s’est déroulée pendant cette période.

La famille Fortier s’installera donc d’abord à Tananarive, capitale malgache pendant deux ans avant de déménager pour la ville de Majunga pour deux années également, puis une année à Tamatave, avant de revenir finir le séjour à Tananarive.

La vie sur place au début est assez paisible.

Les filles sont scolarisées, Mademoiselle Constance s’adapte à sa vie d’épouse d’officier français et tout va bien jusqu’au serment de fidélité des Géneraux français au Maréchal Pétain en août 1941.

Certains officiers, comme c’est le cas du Commandant Fortier sont plutôt tentés de suivre le Général de Gaulle mais l’armée ne badine pas avec ça et il faut bien suivre ce que décide le commandement majeur.

Yvonne qui du haut de ses 15 ans n’en rate toujours pas une, fait son petit coup d’éclat...

Elle ne trouve rien de mieux que d’attraper un cafard (qu’on appelle cancrelat, dans les colonies) et de lui peindre, en blanc, une croix de Lorraine sur le dos.

Elle met l’insecte dans une boîte d’allumettes et le lâche en classe...

-          J’étais contente, dit elle... j’avais mis un peu la pagaille et évidemment personne n’a su que c’était moi !

-          Nous étions dans une période de laisser aller au niveau scolarité dit Jeanine. Nous n’avions pas trop envie d’étudier et en ce qui me concerne j’étais tout le temps collée...

-          Oui, mais nous avions trouvé un truc... commente Yvonne. Je restais à la colle à sa place de temps en temps pour qu’elle puisse aller s’amuser et comme personne n’était capable de nous distinguer, c’était un beau pied de nez aux adultes...

-          Ca nous amusait beaucoup, commente Jeanine en riant.

Soudain, la guerre prend une autre tournure et l’île de madagascar est l’objet de convoitises internationales.

Les anglais lancent une offensive belliqueuse contre les français dont ils prétendent qu’ils ne seront pas suffisamment préparés pour empêcher une supposée invasion japonaise.

La bataille de Diego Suarez qui se déroule début mai 1942 laisse un bilan lourd et disproportionné de 308 morts et plus de 600 blessés.

Tananarive reçoit au passage quelques obus sur son terrain d’aviation.

Les zoulous d’Afrique du Sud débarquent et au bout de quelques jours de combats intenses, les français se rendent aux britanniques.

Les officiers français sont faits prisonniers et le Commandant Fortier n’échappe pas à règle. Il est enfermé dans une cellule du fort de Saint Ambroise pendant trois mois.

Il est même question d’emmener les familles des militaires à Londres, l’agitation est à son comble en cette période confuse et le Général en charge des forces françaises à terre à Madagascar se suicide dans sa cellule.

Quelques mois plus tard, en novembre 1942, les troupes françaises de Vichy en poste à Madagascar se rallient à De Gaulle.

Une fois libéré de la captivité britannique, le Commandant Fortier est nommé Commandant d’Armes à Tamatave et déménage avec son épouse et les jumelles.

Le voyage en train de Tananarive durera une journée complète avec un arrêt à Ambatulamba.

L’installation de la famille Fortier se fait dans une propriété somptueuse.

Yvonne et Jeanine découvrent avec émerveillement une qualité de vie à laquelle elles ne s’attendaient: résidence luxueuse face à la mer, tennis, piscine, commodités incroyables, cuisines situées au fond du parc pour éviter aux occupants de la maison d’être importunés par les odeurs ou par les insectes propres aux lieux alimentaires, tout est fait pour rendre ce séjour inoubliable aux occupants de la villa.

Les jumelles ont leur bicyclette et traînent toute la journée d’un endroit à un autre avec nombre copains et copines.

Elles créent même un petit club “les éléphants” et les parents d’une de leurs amies leur font fabriquer des petits broches qui représentent l’animal pour que chacune arbore fièrement son appartenance au clan !

- On les gardait précieusement, nos petites broches, dit Jeanine et nous en étions très fières.

- Nous les avons encore, ponctue Yvonne.

Les anecdotes et les souvenirs de vie à Madagascar sont nombreux et de Majunga à Tamatave ou a Tananarive, le trait principal du séjour reste celui du confort, de l’agrément et des amitiés avec les enfants des autres officiers.

Tantôt scolarisées à l’école Laïque et Républicaine de Majenga ou à l’école religieuse Saint Joseph de Cluny de Majunga, il n’en reste pas  moins que Jeanine et Yvonne ne sont pas ce qu’on appelle des élèves modèles.

C’est même carrément la catastrophe pour Yvonne qui est un peu insolente et n’a toujours peur de rien.

La voici d’ailleurs, à Majunga, en conflit ouvert avec Monsieur Le Curé... encore un qui lui laissera un souvenir indélébile mais pas pour les mêmes raisons affectueuses que le Père Blanc de Tombouctou.

Le prêtre est choqué car Yvonne et Jeanine se promènent en short toute la journée. Yvonne a même une bicyclette de garçon, plus commode pour elle qui cavale d’un bout à l’autre sans jamais se fatiguer et surtout pour faire de l’équilibre sur la barre.

Elle est toujours suivie de près par sa soeur Jeanine, à peine plus sage.

Mais Monsieur Le Curé n’aime pas les filles qui montrent leurs cuisses...

Pour les fêtes de Pâques le Commandant Fortier dit à ses filles d’aller se confesser pour pouvoir participer à la communion du dimanche Saint.

Yvonne et Jeanine se présentent donc à l’église et lorsque le prêtre ouvre le petit volet du confessionnal et qu’il voit les jumelles... clac ! 

Il referme immédiatement.

Elles changent de place... il ouvre à nouveau, les voit, et clac !

Ferme à nouveau...

Les filles s’étonnent et le prêtre leur fait savoir qu’il refuse de les confesser.

Elles rentrent donc à la maison et expliquent la situation à leur père qui ne débordait pas d’affection pour les membres du clergé.

Il dit:

- dimanche, vous serez à mes côtés pour la communion et on va bien voir !

Ainsi est fait et le prêtre qui donne l’hostie au Commandant Fortier et à son  épouse refuse la communion aux petites.

-          Vos filles sont excommuníées pour un an... déclare t’il !

Le short n’était pas acceptable...

Yvonne (qui n’en ratait pas une) n’en reste pas là.

Elle met donc une jolie jupe blanche à larges plis, grimpe sur sa bicyclette, fonce voir le prêtre à son endroit habituel, et en passant devant lui soulève largement sa jupe jusqu’à la ceinture en lui criant:

-          Vous préférez ça, Monsieur le Curé ?

-          Il hurlait, raconte-t-elle...

-          “Vous vous damnez mon enfant, vous vous damnez, vous finirez en enfer, en enfer.... !

Les deux chipies se tordent de rire et on peut dire sans se tromper

qu’ Yvonne n’avait vraiment peur de rien ni de personne.

-          “Ce vilain prêtre passait tout le temps sa main dans sa barbe de patriarche”,

raconte Jeanine, ce qui énervait volontiers le Commandant Fortier.

Celui-ci qui sentait la guerre se préciser sur l’île disait à ses filles:

-          Si je dois le mobiliser celui-là, je lui fais couper sa barbe... (et il l’a fait !!!)

Les filles se plaisent beaucoup dans leur nouvelle vie.

Elles sont supposées aller et rentrer de l’école en pouss-pouss et le pouss-poussier les connaît bien.

-          Il nous répétait chaque matin la même phrase qui nous est restée en mémoire depuis l’époque, dit Yvonne: “ Mademoiselle, aujourd’hui elle prend son pied la route ?” pour nous demander si nous allions à pied... car il nous laissait marcher à côté de sa carriole.

Au retour de la classe, nous allions acheter notre goûter qui était fait de délicieuses galettes de riz remplies de viande hachée pimentée. On appelait ça des sambos et on s’en régalait avec Jeanine. Que de bons moments nous avons passé à Majunga !

Jeanine se souvient d’un cyclone, à Tamatave, qui les avait beaucoup impressionnées.

-          On nous avait installées dans le sous-sol aménagé à cet effet et il nous a fallu rester quelques jours là-dedans avec les employés de maison.

Un cyclone... ça fait des dégâts et ça nous a beaucoup marquées toutes les deux.

Comme il fallait occuper les rhamatous (demoiselles à notre service domestique) on leur faisait broder notre trousseau !

J’ai encore des draps et des nappes de l’époque dans mes armoires, dit Jeanine en riant et je ne les sors que pour les fêtes carillonnées car ce linge là pour l’entretenir il faut du courage... je préfère de loin les textiles modernes !

- les miens sont dans des cartons dit Yvonne en soupirant... les nappes sont   

  brodées de petits oiseaux, des petits canaris, précisément.

Pour la fin du séjour dans l’île de Madagascar une nouvelle installation à Tananarive est prévue. Elle aurait du durer deux années mais la situation internationale a finalement modifié les plans du commandement militaire et finalement la famille Fortier ne séjournera à la capitale que durant une année.

Les filles passent leur bac malgache à Tananarive et le réussissent.

Tout va bien pour la famille et les jumelles qui sont de belles adolescentes sont raisonnables et s’entendent bien avec leurs parents.

Le retour en métropole est programmé pour le 1er novembre 1944 mais la traversée ne va pas être aussi paisible que l’aller.

La seconde guerre mondiale n’est pas terminée et la traversée vers l’Europe se fait sous protection d’un bateau de guerre chargé de protéger le paquebot des mauvaises intentions des sous-marins japonais qui sillonnent tout l’océan indien.

Marc Fortier, promu entre temps au grade de Lieutenant Colonel doit donc repartir avec son bataillon de cinq cents hommes. Il est, le temps du voyage commandant d’armes à bord.

Le navire, un paquebot mixte danois baptisé Meonia a une capacité de 600 passagers mais en compte 1200 pour cette traversée.

La première escale a lieu à Nocilbé, la seconde à Zanzibar et la troisième à Mombassa. Tout se passe bien, il y a des alertes de temps en temps qui obligent le bateau à prolonger ses escales mais c’est à Djibouti que se produit un incident.

Le bateau s’échoue sur des bancs de coraux.

Les passagers descendent donc en ville et les filles sont ravies de découvrir cette vie bouillonnante et colorée.

Jeanine se rappelle:

-          Nous allions dans un café qui s’appelait “le palmier en zinc”... c’était rigolo. La bière qu’on nous y servait était chaude... une horreur !

-          Et en plus elle était pleine de mouches, renchérit Yvonne en riant.

-          On nous a aussi fait visiter le harem du grand pacha, à Djibouti, dit Yvonne. Il y avait vingt deux femmes qui vivaient là toutes ensemble. C’était vraiment une découverte pour nous...

-          Tu te souviens aussi des exercices d’abandon du paquebot qu’on nous faisait faire ?  demande Jeanine à sa soeur

-          Oh oui... mais moi je n’étais pas d’accord avec les consignes.

J’étais convaincue qu’il ne fallait pas qu’on grimpe dans  les embarcations avec les autres passagers.

Les canots de sauvetage étaient censés embarquer 82 passagers et il y avait au moins 150 personnes par barcasse.

Alors j’avais  prévu une autre technique, bien plus sûre à mon sens.

Nous devions donc, Jeanine et moi, en cas de problème nécessitant une évacuation du paquebot, sauter en mer et nager, nager, nager...

-          On s’était dit qu’on trouverait bien une planche qui nous servirait de radeau et puisque c’était Yvonne qui l’avait décidé... j’aurais suivi immanquablement si ça avait été nécessaire.

C’est inouï l’ascendant qu’avait ma soeur sur moi. Je n’aurais pas même eu l’idée de me désolidariser d’une de ses décisions, souligne Jeanine ravie.

Finalement et heureusement, la traversée se passa sans encombre et on fit escale à Alger. Là, notre père fut affecté avec les cinq cents hommes qu’il avait sous ses ordres car il fallait sécuriser la place.

N’oublions pas que les américains avaient déjà débarqué, en Algérie et aussi en métropole.

La période n’en restait pas moins agitée et il était nécessaire de refixer la présence militaire française dans les colonies.

Notre père remplit sa mission et nous deux, à peine âgées de 18 ans, tombons amoureuses pour la première fois de notre vie... de deux jeunes et beaux officiers de la marine marchande.

Le lieutenant Conte et le Lieutenant Jacquemin ne résisteront pas au charme des jumelles et convoleront en juste noces quelques mois plus tard après, bien sûr en avoir fait la demande officielle et cirsconstanciée au Lieutenant Colonel Fortier.

Mais c’est déjà une autre histoire...

Posté par Jumellesdubourg à 21:57 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Félicitations !!!

J'ai découvert votre blog par hasard. Et je viens de passer un moment de pur bonheur. Bravo pour votre récit, et votre travail de mémoire. Je n'ai pas encore tout lu mais je compte bien revenir vous lire trés vite.

A mon tour de venir vous inviter sur mon blog.
http://langevine.uniterre.com

Posté par Langevine, 07 juin 2007 à 16:43

top !

C'est Langevine qui m'a fait connaître ce site. Je vis à la Réunion et je me demandais souvent comment pouvait être le voyage entre cette île et la métropole dans la première moitié du XXème siècle. Enfin je trouve un témoignage ! J'ai adoré le lire. J'ai découvert la vie des français à Mada à cette époque. Tamatave ressemblait alors à Marseille ! Cela a bien changé...Tamatave ne s'est pas développé et s'est même énormément dégradée, encore davantage ces 7 dernières années.Par contre les belles maisons coloniales près de la mer, entourées de grands arbres centenaires, existent toujours. Par ailleurs, La forêt vierge entre Tamatave et Tananarive n'existe presque plus, (j'ai fait la route au mois d'avril dernier). Mais l'ambiance, les marchés colorés, les pousses pousses, la gentillesse des malagaches n'ont pas changé. Vous parlez même un peu de Djibouti où j'ai vécu 5 ans entre 85 et 90. Le harem n'existe plus...Le palmier en zinc non plus. IL a sauté dans un attentat avant mon arrivée.
En tout cas, merci pour vos beaux souvenirs. MERCI

Posté par Bueneige, 08 juin 2007 à 20:06

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